25 novembre 2005

Bonnet Blanc / Blanc Bonnet

ça y est je crois qu’on va partir. C’est l’effervescence autour de moi, je sens l’excitation de tout le monde malgré le froid. Je crois que j’ai un peu peur… je suis pas tout à fait prêt. Après tout, ça fait longtemps et je me souviens plus très bien comment faire. Trop tard. Je suis emporté dans un tourbillon et je tombe. Non, en fait, je vole. c’est plutôt cool…je me débrouille pas mal en fait ! Je vais tenter quelques figures : un petit salto arrière, un triple loops, une toupie. Les copains ont l’air jaloux, tant mieux, je continue. Cette sensation de liberté, ça faisait un bail…je me sens tellement bien. Je vais tenter un quadruple piqué. Faudrait juste que je prenne un peu d’élan, voilà, comme ça. Aïe ! J’ai mal. Je crois que je viens de percuter quelque chose. Ah oui, c’est un copain. Mais qu’est-ce qu’il fait ? J’ai l’impression qu’il fond sous moi. Ah non…ils n’ont pas osé quand même ! Du sel. Non mais vraiment, ils ont rien compris ces Bruxellois... pff, me voilà de nouveau vulgaire flaque d’eau dans les caniveaux…






21 novembre 2005

Chouille à la belge

WE chargé mes amis !

Vendredi soir

A 17h00 au bureau, on se dit qu’il commence à se faire bien tard pour un vendredi après-midi. On a tous les crocs, et nous voilà parti (là je parle de mes collègues stagiaires et moi) dans des considérations gastronomiques, faut dire : on a un gars du nord, un marocain, une française qui a fait ses études en Allemagne, un français qui revient de 6 mois à Amsterdam. Finalement, on consent tous sur le nutella :D

Bref on décide d’aller au resto, histoire de dépenser l’argent qu’on a pas. Moules, frites, bière…nan… trop banal…on fait honneur au plat tradi des restos pas cher à côté de la Grand’Place : la Pizza.

Chemin faisant, on tombe sur le cortège des étudiants de l’ULB (Université Libre de Bruxelles)

--------FLASH INFO--------------------

Et oui, chers amis, car vendredi marquait le début des festivités de la « Saint Verhaegen ».

De son petit nom, Pierre-Théodore (Pierro dans l’histoire). C’est un faux saint. Je vais vous raconter l’histoire.

Donc Pierro, c’était une sorte de philosophe qui chérissait le libre examen et surtout critiquait l’obscurantisme de la religion catholique dans l’enseignement scientifique. Il fonda donc l’université libre de bruxelles, scientifique et laïque. D’ailleurs la devise de l’ULB est : "scientia vincere tenebras" ou en français pour les incultes : vaincre les ténèbres par la science.

Donc pour narguer un peu les étudiants de l’université catholique de Louvain, les étudiants de l’ULB ont décrété que Verhaegen porterait le titre de Saint.

Ainsi, à la Saint Verhaegen ou Saint-V pour les intimes, les étudiants se bourrent la gueule en son nom (ça c’est pour résumé).

Et effectivement, lorsqu’on est arrivé en centre ville (vers 8h30) y’avait déjà eu pas mal de grabuges. J’avais pas pris mon appareil photo (bah oui des fois je pense pas qu’à mon blog.. ;-) donc vous n’aurez pas d’images…

En tout cas, l’avenue Anspach était remplie d’étudiants et de camions des grandes brasseries qui distribuaient de la bière au tuyau d’arrosage :D miam, ils sont délicats ces belges.

Pour reconnaître un étudiant de l’ULB à son collègue stagiaire (et donc éviter de se perdre dans la foule), c’est simple :

L’étudiant tradi (parce que y’a tjs des gens anti tradi) de l’ULB a des signes particuliers:

- il porte une blouse blanche. Enfin à l’origine elle était blanche. On peut y voir du bleu de méthylène, de la bière séchée, des mots et d’autres traces radioactives

- il porte une corde, chaîne autour du cou auquelle est attachée une chope de bière (en verre ou en métal ). C’est plus pratique pour récupérer directement la bière…

- certaines filières ont des écharpes (comme les maires français) aux couleurs de leur formation

- et bien sûr, la fameuse « Penne ». là j’ai eu le droit à l’explication d’un belge : il s’agit d’une sorte de casquette à visière courte ou longue. Chaque étoile sur la penne montre le nombre d’années passées à l’ULB. Il y a également d’autres insignes qui correspondent à la formation, l’association ou groupe auquel vous appartenez.

Ci-dessous des photos du site des étudiants de l'ulb pour illustrer un peu mes propos :


ça ressemblais un peu à ça dans la rue, sauf qu'il faisait nuit :


Des étudiants de 4 et 5ème année avec les chopes autour du cou :
les écharpes spécifiques aux formations :

Il y avait également des confréries de professeurs . On enlève alors la blouse et on change la penne pour un espèce de couvre chef bizzaroide. (une galette aplatie)

Bref du vrai folklore belge, trop bien !

Samedi

Matin difficile. On va passer directement au soir.

On se retrouve avec mes collègues stagiaires pour aller boire un pot au Délirium. Bar à bières très connu à Bruxelles : ils servent plus de 1000 bières différentes. L'icône du bar est un éléphant rose, apparemment y'a plein d'objets dérivés que tout le monde connait... en Belgique et dans le nord de la France.


Je vous aurais bien fait un compte-rendu détaillé des bières que j’ai bu mais…comment dire…c’est assez flou dans ma tête :D. Ce qui est sûr, c’est que j’ai bu une Chimay Bleue au début , très bonne !

On était assis à côté d’un petit groupe de lycéens belges qui se la racontaient trop. Ils avaient commandé un verre de 4L. un verre ENORME. Ils ont vu qu’on regardait le « classeur » des bières et ils ont commencé à s’la raconter : « écoutez petit français, nous les belges, on va vous apprendre la vie : vous voyez y’a des bières blanches, rousses et brunes…. » sauf que mon collègue du nord les a cassé en 12 sec top chrono. C’est qd meme pas des ptits morveux qui ont pas un poil sur la tronche qui vont nous apprendre la vie, non ?

ça...c'est fait.

Sinon pendant le reste de la soirée, y’a eu un enterrement de vie de garçon, un anniversaire, un groupe d’américains dont un australien (qui travaillent pour ccn europe).. bref plein d’aventure.

D’ailleurs on a commencé à taper la discute avec les américains (l’alcool aidant), jusqu’à ce que l’australien nous réponde dans un français parfait…okay

On est parti peu de temps après, car le staff était un peu trop sur notre dos : un copain avait sympathisé avec les gars de l’enterrement de vie de garçon et ceux-ci avaient cassé plusieurs verres dont un des fameux verre de 4L. donc le staff les a foutu dehors et nous "yeutait" avec insistance...

On est parti dans un pub irlandais où il y avait un « dance floor ». Je maintiens mon aversion pour les boîtes ou pseudo-boîtes. Des espèces de mecs bourrés clairement en manque qui se frottent à toi-même même quant tu danses avec un autre gars…ahhhhhh beurkkkkk ça me débecte.

On se décide à rentrer vers les 3h du mat.

Là c’est le dilemme car il n’y a plus de trams à cette heure là et je suis à 4 km de chez moi. Mais le problème avec un taxi, c’est qu’on n’habite pas du tout au même endroit de Bruxelles.

On décide donc tout naturellement d’éliminer les excès de la soirée en rentrant à pied. Je fais deux km en compagnie de deux amis avant que nos routes se séparent. Le bas de mon quartier est craignos, alors je décide de faire un ptit détour d’un km pour arriver par le haut. (quartier chic). Effectivement, bingo ! en rentrant, je rencontre pas mal de gens (normaux) qui sortent de bars ou de boîtes chicos et en fait, c’est plutôt moi qui les inquiète de loin !

Je suis donc rentrée chez moi sans encombres. C’est ça qui est bien d’habiter à la limite d’un quartier résidentiel ! En tous cas, une petite heure de marche, ça vous remet les choses en place (c’est le conseil du jour)

Dimanche matin

Matin Difficile.

Pourtant j’ai promis à ma co-stagiaire Raphaele qu’on se retrouverait au marché de la Gare du Midi (à l’extérieur, je précise…) à 11h…. réveil difficile, douche difficile, habillage difficile….ah ça y est je suis au milieu du deuxième plus grand marché d’Europe (apparemment après celui de Vintimille en Italie). C’est un énorme marché de fringues et de bouffe principalement. Le temps s’est clairement rafraîchi mais vu la foule on le sent pas. Je sais que je suis à Bruxelles, je sens que je suis à Bruxelles, je vois que je suis à Bruxelles pourtant j’ai l’impression d’être au souk d’Alger ! on entend pratiquement que parler arabe ici... areahdjqhfajkjqklmfjq les tomates ! mademoiselle arjakqfjmqfjkqjdqlf c’est pas cher ! jdqkmfjqfdmqj pas cher pas cher !

Trop drôle, par contre, tu peux pas négocier les prix ! je me plains pas, les fruits et les légumes sont vraiment moins chers que dans les supermarchés. Du coup, je me la raconte un peu, gestionnaire de famille. Je fais le plein de : haricots plats, courgettes, aubergines, poivrons, clémentines, poires, dattes, piments (aïe aïe je crois que j’en ai acheté trop…),du poulet, des gros cornichons, des artichauts etc etc..je me suis lâchée, mais j’en ai à peine eu pour 10 euros :D

Du coup, je me suis lancée dans un dimanche après midi cuisine avec des expérimentations :

Les recettes du chef :

- Haricots plats, tomates fraîches cuites avec oignons caramélisés
- Mijotés de courgettes, aubergines, poivrons, champignons et ail
- Poulet Sauce piment maison (caremba !)

- Salade fraicheur du chef avec laitue, gros cornichons, ciboulette, poivrons, fromage bizarre de hollande, concombre

- Artichaud vapeur et sa sauce vinaigrette

Comme une mamie, je me suis fait mes petits tupperware pour la semaine avec le sentiment du devoir accompli.

Marine, cuisinière en puissance.

14 novembre 2005

Francia patria nostra

The Thalys Company


Un petit laïus commercial sur Thalys :
Prenez le Thalys car :
- 1h25 pour faire Paris Bruxelles (au lieu de 3h30 avec Eurolines)
- Le personnel Thalys n'est jamais en grève
- Le Thalys part et arrive toujours à l'heure (actionnariat allemand oblige...). hallucinant, des fois ils partent même en avance..!
- on est pas obligé de composter son billet avant de rentrer dans le train (pratique quand on est à la bourre)
- les contrôleurs vous appellent "Madame" et vous demande votre carte d'identité quand vous avez un billet jeune.

par contre le thalys c'est cher :-(
mais comme il ne faut pas abuser des bonnes choses, on consomme ses voyages avec Thalys avec une grande modération financière...

Vendredi 4 Novembre. 17h23. Gare du Midi, Bruxelles, Région de Bruxelles Capitale, Royaume de Belgique.
je cours, je roule, je vole avec mon énorme sac. je suis à la bourre... et je sais que le thalys ne m'attendra pas.
Pourtant j'avais prévu large, plus d'une heure pour rejoindre la gare du midi depuis mon travail par le tram. Mais... comme toute capitale dynamique, Bruxelles est en plein travaux. et bien sûr, le camion de livraison qui se met en double file n'arrange pas les choses. Parce que non, un tramway ne peut pas rouler en dehors de ses rails... c'est con comme principe non ?! Alors là, le tram a un moyen imparable pour faire dégager le malotru : il klaxonne jusqu'à plus soif. en guise de klaxon, c'est plutôt un bruit de cloche, qui sonne sonne sonne sonne . Comme ça tout le quartier est au courant, et le chauffeur risque un lynchage organisé... ;-) (tant mieux !)
et là je me la joue à la bruxelloise qui connait sa gare par coeur et qui ne regarde pas les panneaux... ouf, heureusement qu'il ne faut pas composter ses billets car pas le temps !
Me voilà, de nouveau cool shengen en France pour une super semaine de retour à la fac...
je découvre alors les joies du "Je met une heure de voiture pour aller à orsay le lundi matin au lieu de 25 min le dimanche soir", et du "je prend des routes de campagnes pas éclairées avec des gens qui roulent comme des fous ". super une fois !

Les "violences urbaines", vous connaissez ? En Belgique, ça pourrait s'appeller "la guerre civile" en France d'après les journaux. ou "Paris à feu et à sang" et j'en passe des plus illustrés. Certains ricanent des leçons de morale françaises sur l'intégration... et d'autres étaient carrément inquiets que je rentre en France dans ma "banlieue".
- "non je vous assure, personne n'a brûlé ma piscine"
- "les racailles les plus proche sont à 15 km et ils veulent pas venir chez moi car il n'y a qu'un RER toutes les 30 min"
- "pas d'inquiétude, ma ville a un policier municipal (anciennement nommé garde champêtre) pour protéger mes co-citoyens"

Au final, j'étais un peu déçue, j'ai rien vu et rien entendu. Pourtant j'avais ramené mon appareil photo pour jouer la reporter de guerre. Que ça soit chez moi, à Orsay ou à Paris, Nada !

D'ailleurs, c'est drôle cette utilisation des expressions comme "violences urbaines". ça me fait penser aux "évènements d'Algérie". Il a fallu plus de 40 ans pour parler de "guerre d'algérie" alors les violences urbaines, ça s'appelera dans le futur "la tentative de putch des cailleras". vouée à l'échec de toute façon. En tout cas, ça a du être la course entre les journalistes pour inventer et imposer l'expression de l'évènement, je sais pas qui en revendique la paternité mais "violences urbaines" ça sonne bien au début du JT . Sur les sites d'actualités améraicains, ils les appellent les "Paris rioters" (traduction : les insurgés parisiens) . Ils utilisent également le terme de "rioters" pour les terroristes irakiens...sympa la comparaison.

Loin de toutes ces considérations matérialistes (quoi , ma voiture a brûlé ?!) , un autre débat fait rage dans mon entourage professionnel. Je l'intitulerais : "Du bien fondé de manger ses frites avec de la mayonnaise". J'ai été violente pdt cette discussion et j'aurais bien brûlé tous les dépôts de mayonnaise mais j'avais les agents secrets belges sur le dos. Pourtant, ça paraît évident, si les jeunes des banlieues brûlent tout, c'est parce qu'ils n'ont pas assez pour manger des courgettes. Des Cités, Pas de jardins, pas de courgettes donc installez vous dans le larzac. maitenant il y a un super pont suspendu dans la région. pouah les sensations !